Conseil militaire de transition tchadien: un an déjà

Dans une allocution à la nation le 19 avril dernier, Mahamat Idriss Déby fait son bilan à la tête de l’Etat.

D’un ton mesuré, mais solennel, le président du Conseil militaire de transition (CMT)qui dirige le Tchad depuis le décès, le 20 avril 2021, du maréchal Idriss Déby Itno, a déclamé un discours-bilan avant-hier, à l’occasion de son premier anniversaire d’exercice du pouvoir. En rappelant la triste circonstance qui a conduit 15 officiers généraux à prendre en main le destin du pays, l’orateur a souligné le devoir, en ce moment-là, d’assurer la continuité de l’Etat.  Dans un contexte où l’assassinat du maréchal, alors chef de l’Etat, prenait tout le monde de court, créant panique et incertitudes, le CMT s’engageait à sauvegarder la souveraineté internationale du pays et à garantir la quiétude, la paix et la sécurité de l’Etat.

En regardant dans le rétroviseur, 12 mois plus tard, Mahamat Idris Déby constate que dans l’ensemble et avec le concours du peuple, le Tchad a été sauvé de l’anarchie en s’inscrivant dans une ère de transition politique. Il a constaté qu’en un an, « il n’y a pas eu de déchirure sociale, encore moins de chaos institutionnel ». Au contraire, relève-t-il « la menace a été repoussée, les doutes dissipés, les blessures pansées, le deuil surmonté ». « Notre transition est aujourd’hui, non seulement, communément saluée, mais aussi, régulièrement citée en exemple pour les pays connaissant des contextes similaires en Afrique », s’est-il félicité.

Mahamat Idriss Déby décrit une année dense d’activités et de résultats. Selon lui, des organes provisoires ont été mis en place pour permettre le fonctionnement de l’Etat dans l’attente de la création des conditions idéales pour l’organisation des consultations électorales, véritablement démocratiques : gouvernement de large ouverture, mise en place de la commission de désarmement des civils, Conseil national de transition représentatif, comité d’organisation du dialogue national inclusif (CODN), etc. De ce dialogue dont l’ouverture est prévue le 10 mai prochain, « il est attendu la renaissance d’un Tchad nouveau, debout, fort, réconcilié avec lui-même pour avancer vers les défis du développement ».

Dans le chapitre des acquis, le général Mahamat Idriss Déby a rappelé les mesures visant à renforcer l’Etat de droit, notamment l’accord de l’amnistie générale à tous les condamnés politiques et d’opinion, la restitution aux ayants-droit de tous les biens privés confisqués pour des raisons politiques, l’engagement à réconcilier la justice avec les justiciables, le recrutement à la fonction publique, la création d’un fonds d’appui aux microprojets des femmes. La reprise des activités de la Banque africaine de Développement et de la Banque mondiale au Tchad est également un signe d’embellie à verser au registre du CMT. Mais le dialogue national reste le nœud gordien. Des tractations sont encore en cours pour que l’initiative soit effectivement inclusive et à large spectre.

Jeanine FANKAM

Le général Mahamat Idriss Déby.

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Hugues TCHOUA

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