Explications: Une disposition règlementaire

Des grands économistes de l’Afrique et d’ailleurs se sont retrouvés K.O à Dakar.

Il faut noter d’emblée que la rencontre de Dakar était la dixième réunion annuelle conjointe du comité technique spécialisé de l’Union africaine sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration. Dix ans donc que les deux institutions réfléchissent ensembles dans les réunions co-organisées sur les orientations économiques en Afrique. Les textes de l’Union africaine encouragent tous ses Etats membres à participer aux réunions de l’institution. En tant que tel, la présence de RASD se justifiait et c’était son plein droit. Mais, le pays n’est pas reconnu par les Nations unies. Les textes ici disent qu’un pays non membre ne peut être admis dans une réunion des Nations unies que lorsque sa présence n’est pas contestée. Or le Maroc dont on connaît le différend qui l’oppose avec cet Etat n’entendait pas cohabiter avec lui dans cette réunion conjointe. D’ailleurs le box du Sahara occidental est occupé par les Marocains depuis le premier jour. Ce qui a contraint les organisateurs à trouver un autre espace au Polisario. Mais cet arrangement n’a presque rien résolu. Le Maroc exige l’expulsion de ce pays ou alors propose qu’on revoie la forme de la réunion. Une patate chaude pour le Sud-africain Muzenga Luleleka, président du bureau sortant du comité des experts. Dans une sagesse digne de l’Afrique, ce fin stratège réussit à permettre l’ouverture solennelle de la réunion des experts, jeudi dernier en acceptant la formule suggérée par le Maroc : que la cérémonie soit placée sur la seule houlette de l’UA, contraignant la CEA à être invitée spéciale. Le débat ressurgit, plus incisif après l’ouverture. Nouvelle suspension des travaux pour informer les responsables politiques des différents pays, habilités à gérer la crise. Les tractations envisagent plusieurs scenarii, y compris que chaque entité se mette à part pour conduire les sessions relevant de ses intérêts. Aucune formule n’est meilleure, surtout que les délégués estiment que leurs gouvernements les ont envoyés dans une réunion conjointe et que si la forme change, il faut qu’ils s’en réfèrent à eux d’abord. D’autre part, les responsables de la CEA présents reconnaissent que l’incident juridique soulevé par le Maroc est fondé. Mais cet incident politique survient dans une réunion technique. D’où l’impasse.

Jeanine FANKAM, à Dakar

JAFEC

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